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{ Road Trip guyanais } la suite

Helllo mes p’tits sucres d’orge (inspiration noëlistique inévitable),

Me revoilà pour la suite de mon road trip guyanais (pour les retardataires, ça commençait ici).

Si mes souvenirs sont bons, nous nous sommes quittés enflammant le dancefloor d’une soirée javouheyse (?!?), une soirée Hmongs diront nous, avant d’aller passer une nuit très courte dans nos hamacs…  Si cette nuit fut si réduite c’était pour une bonne raison : le lever de soleil bien évidemment ! Que serait une matinée guyanaise sans un lever de soleil sur la plage, n’est-ce pas?!

A 6h, nous étions donc tous (ou presque!) sur la plage d’Awala. un début de journée quasiment parfait donc, si ce n’est le fait que le soleil ne se levait pas sur la mer mais de l’autre coté ! Pas de chance ! Mais nous n’avions pas non plus de quoi nous plaindre, je vous laisse juger par vous-même…

Après ce passage rapide sur la plage et une petite sieste, une nouvelle aventure pleines de découvertes nous attendait. Destination finale : Saint Laurent du Maroni !

// Saint-Laurent du Maroni //

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Saint Laurent du Maroni c’est la 2ème plus grande commune de Guyane, au bord du fleuve Maroni qui marque la frontière entre la Guyane et le Surinam. Vous pouvez d’ailleurs facilement traverser le fleuve pour quelques euros en pirogue mais les « passeurs » vous accostent tellement délicatement que vous n’en avez plus vraiment envie finalement !

Des sites archéologiques précolombiens indiquent que les premières occupations de ces lieux remontent à 7000 ans ! Le patrimoine culturel de Saint Laurent est énorme du fait d’une zone de passage et d’implantation de nombreuses populations : Kali’na, Lokono, Bushinengue (noirs marrons – anciens esclaves africains en fuite des plantations surinamiennes), Européens, Africains, Asiatiques (du fait des convois des bagnards), Antillais et Brésiliens cherchant un Eldorado emplis d’or.

Malheureusement, ce patrimoine n’est pas la première chose à laquelle on associe Saint Laurent… Ne me dites pas qu’en attendant parler de cette commune ou tout simplement de Guyane vous ne pensez pas directement à une seule et unique chose : le bagne ! Si je résume en trois mots la description que l’on m’a faite de la Guyane avant que j’y aille la toute première fois, je dirais : chaleur/humidité/bagne !

On ne peut pas se limiter à ceci mais en effet, à Saint Laurent du Maroni se trouve le camp de la transportation, classé monument historique (dans sa totalité) depuis  1994.

Le premier convoi de bagnards arriva dans l’Est guyanais en 1854 et rapidement la rive droite du fleuve devint le principal lieu de déportation pour les condamnés aux travaux forcés.

Le camp fut inauguré en 1958 et Saint-Laurent devint une commune pénitentiaire à partir de 1880. Le maire était également le directeur du centre et les habitants de Saint-Laurent étaient alors majoritairement des gardiens ou anciens bagnards car un décret leur imposait de rester résider ici pendant un temps égal à la durée de leur peine (si celle-ci était supérieure à 8 ans, ils avaient même obligation de rester à vie !).

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C’est dans ce camp de la transportation que l’on décidait de l’endroit où le bagnard serait affecté : Saint-Laurent, Saint-Jean, Iles du Salut, … Les condamnés les moins dangereux restaient à Saint-Laurent pour travailler dans l’administration, ceux susceptibles d’envisager des évasions étaient envoyés sur les Iles. Vous pensez surement à Papillon en lisant ces mots, la cellule dans laquelle il est passé à Saint Laurent peut être visitée !

Le camp ne fermera qu’en 1946 et les derniers bagnards seront alors renvoyés à Marseille.

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Je m’arrête là car j’ai l’impression d’être revenue à l’époque où je faisais des exposés au collège !

// Saint-Jean du Maroni //

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Nous avons poursuivi notre chemin vers Saint Jean du Maroni avant de reprendre la route vers notre point de départ. Ici se trouvait une partie du bagne guyanais également : le camp de la relégation et où se trouve désormais  la base du Régiment du Service Militaire Adapté de la Guyane. Vous ne la trouvez pas superbe cette pirogue de la Gendarmerie ?!

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Mes aventures guyanaise s’arrêtent donc ici pour le moment, mais je reviens vite avec quelques images de mon prochain périple au … Cameroun !

|PHOTOGRAPHY| mon Canon, mon IPhone & moi

{ Road Trip guyanais } Premier jour

Helllo mes petites tortues,

A vous parler de ballades parisiennes et de gourmandises j’en ai presque oublié que je ne vous avais pas fait le débrief’ de mon road trip dans l’ouest guyanais!

Lors de mes premiers passages en Guyane, je ne m’étais pas aventurée très loin, cette fois-ci il fallait donc charger mon sac à dos et partir explorer un peu plus ces territoires inconnus. Bon, je dois avouer que le fait de ne pas être seule pour cette aventure a très largement contribué à cette visite de l’ouest guyanais ! (Merci les coupains)

Une fois les sacs à dos remplis, le coffre de la voiture chargé, nous étions fin prêts à partir en expédition !

Pour commencer, sachez qu’une sélection plus complète de photos est disponible ici, mais si vous êtes motivé pour le détail du trajet et un peu d’histoire des villages et communes de Guyane, je vous encourage à poursuivre la lecture de cet article. Bien évidemment je ne suis pas historienne, j’ai très bien pu faire des erreurs dans ce qui va suivre donc n’hésitez pas à me corriger ou à compléter en commentaires !

// Le Départ //

Point de départ:  Rémire-Montjoly. Une clio, 5 passagers, 2 éléphants (?!?), un mouton (?!?) : LET’S GO.

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// La pause déjeuner //

Etant donné que nous n’avons pas décollé très tôt, l’appel de l’estomac c’est vite fait ressentir, nous avons donc fait un premier arrêt à Kourou ! Après une grande réflexion sur la meilleure façon de nous rassasier, nous avons opté pour un petit restaurant local, typiquement guyanais, proposant des mets de qualité à base de produits locaux et frais … Bref, on a mangé au McDO !

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Donc après un bon repas (d’ailleurs j’envisage une pétition pour la mise en place de Potatoes dans les Mc DO des DOM), nous étions prêts à nous lancer et à reprendre la route plus sérieusement.

// Sinnamary //

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Premier véritable arrêt de notre périple, l’occasion pour moi de vous faire une micro-leçon d’histoire le temps de faire une micro-sieste avant de reprendre la route!

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Sinnamary semble être le lieu de la première tentative de colonisation en Guyane. Des amérindiens y vivaient déjà bien avant l’arrivée des premiers colons. Vers 1850, un gisement d’or a été découvert dans le fleuve ce qui a entraîné une grande ruée vers l’or et la commune a vu sa population grandir avec l’arrivée de guyanais, d’antillais mais également de nombreux étrangers.  

La commune offre également de nombreuses criques dont certaines vous permettront d’observer les fameux ibis rouge (que je n’ai toujours pas vu!)

// Iracoubo //

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2ème petite pause dans notre traversée guyanaise : Iracoubo.

Occupée à l’origine par les amérindiens (les Kali’na et les Arawaks), la commune ne date que du 19ème siècle. Les habitants avaient jusqu’alors su résister aux premiers colons qui avaient voulu s’installer sur leur terre.

Iracoubo est surtout connue pour son église, classée au patrimoine des monuments historiques et recouverte de fresques réalisées par un ancien bagnard : Pierre Huguet.

En passant par là vous serez obligé de traverser un barrage policier permanent, petite frontière entre Cayenne et Saint Laurent, lequel nous a valu un petit fou rire sur le chemin du retour. N’hésitez pas à vous arrêter également pour rapporter des Sispas, petites galettes à base de manioc et de noix de coco (texture étrange mais goût intéressant!).

// Mana //

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A Mana, une pause un peu plus importante s’imposait, les distances sont grandes entre ces communes! Outre le long moment que nous avons passé devant un panneau géant à l’entrée de la commune (imaginez 5 « touristes » en train de sauter en l’air pour obtenir la photo du saut parfait), nous avons vadrouillé dans les rues pleines de jolies maisons, le temps de faire quelques photos.

La commune a été fondée par la Mère Anne-Marie Javouhey qui souhaitait développer les lieux en y implantant une communauté d’anciens esclaves. Un bagne pour femmes y a également été construit au 19ème siècle. Après 1986, la commune a vu sa population augmenter suite à l’arrivée de réfugiés surinamais fuyant la guerre civile.

Plusieurs hameaux composent la commune de Mana dont le village de Javouhey (je vous en reparle plus loin).

// Awala-Yalimapo //

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Une fois notre visite de Mana terminée, nous sommes partis pour Awala-Yalimapo, lieu où nous allions poser nos sacs à dos et installer nos hamacs.

Awala-Yalimapo, c’est une des plus petites et des plus récentes communes de Guyane (fondée en 1988). Elle est célebre pour la plage des Hattes qui est le plus grand site au monde de ponte des tortues Luth. La commune se compose en réalité de 3 villages : Awala, Yalimapo et Ayawande. La population y est presque entièrement amérindienne de la communauté Kali’na.

Au 19ème siècle, les sites des Hattes (aujourd’hui Yalimapo) étaient occupés par des établissements pénitentiaires. Ce n’est qu’en 1946 que les premiers habitants ont créé le village de Awala. Plus tard, en 1986, la guerre civile au Surinam a conduit des familles Kali’na à émigrer, augmentant ainsi la population des villages de Ayawande et Yalimapo.

Tout ça pour dire que nous y avons établis notre campement pour la nuit. Si vous cherchez un endroit où dormir par là-bas, Rita vous accueillera dans un charmant carbet!

Nous sommes ensuite partis faire un tour sur la plage pour y voir furtivement le soleil se coucher… Furtivement car nous nous sommes fait dévorer par les bestioles locales ! Mais nous n’avions pas dit notre dernier mot: le village de Javouhey fêtait ce soir-là les 35 ans de l’arrivée des Hmongs au village (le hasard fait bien les choses parfois!), une sacré fiesta nous attendait donc !!!

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// Javouhey //

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Comme je vous le disais, Javouhey est un village qui appartient à la commune de Mana, dans lequel les Hmongs sont installés depuis 1979. On y retrouve un marché équivalent à celui de Cacao (vous vous souvenez de mes photos de Cacao? non? c’est par ici pour vous rafraîchir la mémoire).

Nous avons donc pu manger et danser toute la nuit au son d’un DJ Hmong (qui aurait bien besoin de se reconvertir) dans ce charmant petit village, très accueillant, avant de rentrer dormir quelques heures dans nos hamacs. Et quand je dis quelques heures je devrais plutôt dire quelques minutes, car entre le chant du coq (qui ne chante pas qu’au lever du soleil), les chiens, le chat, les oiseaux, … les nuits en hamacs sont parfois peu reposantes… !

A bientôt pour la suite de nos aventures! Un deuxième jour vous attend!

|PHOTOGRAPHY| mon Canon, mon IPhone & moi